Chapitre 1
Eden
De nos jours – Détroit
Quatre mois se sont écoulés depuis l’enterrement d’Elora. Quatre mois à suivre une trace qui refuse de se laisser attraper. Là, je suis arrivée à Détroit avant-hier et, depuis, je passe mes nuits à observer le même bar. Le même va-et-vient. Les mêmes silhouettes qui disparaissent derrière une porte trop lourde pour être anodine. Le Purgatoire. Le nom me fait serrer les dents à chaque fois que je le lis. Je connais ce genre d’endroit. Pas celui-là précisément, mais l’odeur de la promesse qu’il vend et de la violence qu’il abrite.
Ce soir, je me tiens à l’angle de la ruelle, dissimulée dans l’ombre, le col relevé. La pluie a rendu les pavés glissants et l’air est plus froid ici qu’ailleurs, comme si quelque chose aspirait la chaleur. Je l’ai remarqué dès la première nuit. Ce n’était pas seulement le froid, c’était une sensation plus sourde, plus insidieuse. Comme si l’endroit se nourrissait de ceux qui y entraient sans jamais être rassasié. L’enseigne clignote au fond de ce qui est officiellement une impasse. Officieusement, une plaque flambant neuve annonce « l’allée des Damnés ». Je parie que personne n’a jamais demandé l’autorisation et que personne n’a jamais osé la retirer : les monstres aiment laisser leur signature…
Je ne suis pas arrivée ici par hasard ni par intuition. Encore moins par chance. J’ai découvert que plusieurs jeunes femmes avaient été agressées… et qu’elles s’étaient suicidées, tout comme ma sœur. Les similitudes m’ont glacée. La brutalité des attaques, les descriptions de l’agresseur, les conséquences. Trop d’éléments concordaient pour être une coïncidence. C’était un schéma, et ceux-ci ne naissent jamais seuls. Ils sont toujours causés ou entretenus par quelqu’un… ou quelque chose. La tante de la dernière victime tenait une épicerie dans les quartiers nord de Memphis et avait installé un système de vidéosurveillance. Lorsque l’homme a enlevé sa nièce après la fermeture, la caméra a capturé la scène : le type n’a même pas cherché à se cacher ! J’ai récupéré une photo et demandé de l’aide au gang pour l’identifier : ils connaissent tout le monde dans leur ville. Contrairement à ce que je craignais, ils n’ont pas rechigné à me donner un coup de main. Parce qu’Ellie était importante à leurs yeux. Après tout, elle était un atout précieux pour leur réseau de prostitution : avec son savoir-faire, ils n’avaient aucune perte de « marchandise » à déplorer… Leurs termes. Qui me donnent envie de vomir à chaque fois que je les entends évaluer leur « stock ». Mais c’est leur langage, et j’ai dû l’avaler pour obtenir leurs infos. Ainsi que me substituer à ma sœur auprès d’eux le temps de récolter ce qu’il me fallait.
Grâce à eux, j’ai remonté un fil : ils m’ont donné des noms, des lieux, des « incidents ». Des indics m’ont parlé parce qu’on leur avait dit de le faire. C’est comme ça que la piste a quitté Memphis. C’est comme ça qu’elle m’a menée ici, à Détroit. Je n’ai pas encore trouvé de victime, donc, cette fois-ci, j’espère pouvoir enfin mettre la main sur ma cible avant qu’elle ne disparaisse encore : en général, cet homme reste deux semaines environ avant de passer à la ville suivante. L’indic dégoté à mon arrivée n’a pas pu me dire grand-chose – ou voulu –, mais il m’a donné le nom de ce bar.
Ce soir, il y a une étrange effervescence. La foule est plus dense que les nuits précédentes. Les videurs ne filtrent plus : ils ouvrent la porte à la chaîne, sans contrôle apparent. J’en déduis qu’il y a un événement spécial, et c’est sans doute ma chance… Prenant mon courage à deux mains, j’affiche un air féroce et m’avance dans la ruelle sombre : seul le néon jette un éclairage faiblard permettant de ne pas se casser la figure sur les pavés rendus glissants par la pluie. Même si on est en mars, le printemps tarde à pointer le bout de son nez, et je remonte le col de mon blouson de cuir afin de me protéger comme je peux contre ce petit courant d’air glacial qui me saisit et me fait frissonner en entrant dans l’allée : malgré la hauteur des immeubles, ce souffle à cet endroit est plus que désagréable…
Arrivée à un mètre de la porte, je ne ralentis pas la cadence et vois avec soulagement le videur en place tirer le battant à lui pour me permettre d’entrer en me fondant dans le flot de gens pressés. Quelqu’un ricane derrière moi. Une main frôle ma hanche en me bousculant. Je ne sursaute pas, mais mes poings se serrent, prêts à frapper si besoin. Je préfère le laisser passer devant moi et me décale légèrement. Puis, sans un mot ni un regard, je m’engouffre à mon tour et suis assaillie par la chaleur, la musique et le brouhaha ambiant. Malgré le sas séparant la ruelle de la véritable partie bar, le niveau de bruit semble déjà assourdissant. Me préparant mentalement à subir encore plus l’assaut sonore, je passe le rideau de velours cramoisi au-dessus duquel le slogan du bar trône de façon visible « ici commence la fin ». Entre le nom de l’impasse, du bar, et ça, on peut dire que les gérants savent jouer sur la communication…
Comme anticipé, la foule dense dans laquelle je me faufile est un véritable sauna : je comprends mieux pourquoi j’ai vu tant de femmes à moitié dévêtues sortir des voitures les déposant à l’entrée. Ici, mon blouson risquerait même de fondre tant la moiteur est forte et l’excitation est palpable. Avec une curiosité que je ne peux refréner, je me dirige péniblement en louvoyant entre les gens vers ce qui semble être le point d’attraction de tous et découvre… un espace de combat ! Avec des étalons monstrueux – quatre – répartis tout autour du cercle donnant sur le bar, mais bordé de gradins de l’autre côté. Quelques loges y sont prédominantes. Quatre également : probablement les propriétaires de ces chevaux qui devraient sembler incongrus, mais ne détonnent pas plus que ça, une fois le choc de la première surprise passé. Dans chacune d’elles, un homme aussi beau que terrifiant, bien que chacun dans un genre différent. En revanche, même s’ils ont des looks vestimentaires propres à chacun, ils arborent tous des patchs sur leurs vêtements avec leur « indicatif » dessus : les badges d’honneur pour tout motard qui se respecte. Ça ne m’étonnerait pas qu’ils se les soient fait tatouer aussi sur leurs corps, tiens.
Celui qui semble présider – il arbore aussi « président » sur son t-shirt – est une force de la nature. Immense, avec une stature impressionnante. Une peau sombre comme une nuit sans lune, des dreadlocks, des lignes de scarifications sur les pommettes… et des yeux rouges luisants ! Ses voisins ont respectivement les yeux dorés, verts et blancs qui font tout sauf naturel : chacun leur couleur, quoi. Ils ont poussé le sens du détail jusqu’à porter des lentilles phosphorescentes ?! De loin, je pourrais presque jurer que, sur le premier, des flammes brillent dans ses pupilles noires. Tout chez cet homme transpire le combattant exceptionnel : le t-shirt moulant laisse transparaître ses abdominaux ultra dessinés alors qu’il semble au repos… Pas étonnant qu’il soit alors absorbé par le spectacle se déroulant à quelques mètres à ses pieds. Les trois autres semblent plus mesurés. Voire carrément absent, pour au moins l’un d’eux – rigide telle une statue –, tandis que les deux autres manifestent un intérêt modéré devant les coups échangés.
Je repère un homme arborant les couleurs du club qui semble tenir les paris fusant de toutes parts. Il note frénétiquement des trucs dans un carnet avant de finalement s’écrier que « les jeux sont faits ! ». Voilà sans doute une des façons pour cet établissement de blanchir de l’argent sale : avec toutes les liasses de billets changeant de mains en quelques secondes, je me doute qu’il doit y avoir des fortunes en jeu à l’heure actuelle. Happée malgré moi par l’affrontement au milieu de l’arène, je m’immobilise pour observer les techniques des combattants. Apparemment, tous les coups semblent permis et il n’y a pas d’arrêt au premier sang : un des types vient de faire sauter des dents à l’autre qui crache de la salive rougeâtre… Il enchaîne sans s’arrêter par une manchette à la gorge suivie d’un coup de genou phénoménal dans les parties génitales ! Il en décolle son adversaire du sol sur lequel ce dernier vient s’écraser, les deux mains sur son entrejambe, pour le plus grand plaisir des spectateurs qui poussent des cris d’excitation : plus le combat est bestial et plus ils hurlent devant la curée…
— Fin du combat ! Le prochain dans quinze minutes !
Les gens se ruent vers le bar, tandis que je reste seule au bord de l’arène.
— Tu es la prochaine ? me lance le bookmaker en fronçant les sourcils. Pourtant, tu n’es pas sur ma liste, vu que je n’ai aucune femme inscrite ce soir…
Il pense que je suis là pour combattre ? Donc, n’importe qui peut entrer dans l’arène… à condition d’être assez inconscient.
— S’il n’est pas trop tard, oui, réponds-je sur un coup de tête en voyant soudain approcher ma cible de l’autre côté.
Finalement, je n’aurai pas à le débusquer dans la foule et, s’il combat, je veux en être aussi, bordel ! Mais une autre armoire à glace s’interpose en beuglant que lui est inscrit. Sans me laisser impressionner, je continue à fixer le bookmaker en silence. Ma cible vient de me repérer et se lèche langoureusement la lèvre supérieure d’un air salace : pour cet homme, nul doute qu’il va remporter l’affrontement…
— Hé, laisse-lui ton tour, je te prendrai après, va, lance-t-il à l’homme grognant dans mon dos.
— Dans tes rêves, riposte ce dernier. Mais je peux attendre avant de te massacrer.
— C’est mon soir de chance ! s’exclame le monstre que je rêve de trucider avec un geste obscène à mon intention. Tu es certaine de vouloir qu’on se tape dessus ? Parce que je suis partant pour te mettre un bon petit coup autrement…
Détournant le regard avec une mine dédaigneuse, j’attends que le bookmaker donne son verdict. Mais il se contente de se tourner vers les gradins. Le colosse que j’ai repéré se lève lentement, m’évalue une longue minute avant de finalement hocher la tête. Son regard est perçant et me donne la chair de poule, mais je me force à conserver un air impassible.
Il vient de me valider. Donc, oui, c’est ici que « tout » commence…
Khadim – Guerre
Quelques heures plus tôt
Je préside la séance sans hausser la voix. Ici, personne n’en a besoin. La chapelle – salle de réunion du club – est pleine. Les murs transpirent l’énergie accumulée au fil des nuits. Les membres sont silencieux, attentifs. L’odeur du sang frais flotte encore dans l’air. À genoux devant moi, le dernier prospect à prétendre devenir « full patch member[1] » tend le bras. Un Inanis. Un démon, trop faible pour fouler les Enfers, mais assez utile pour servir sur Terre. Il a passé plus d’un an à chasser sous nos ordres, à apprendre les règles, à comprendre ce que signifie survivre dans notre sillage. Sa dernière épreuve était simple : traquer une âme damnée récemment échappée. Il a réussi.
— As-tu une préférence pour ton affectation ? demandé-je.
— La Floride, si cela vous convient.
Il ne relève pas la tête. Il sait que ce n’est pas un choix, seulement une illusion de contrôle. Je sors mon poignard et incise sa chair. Juste assez pour que le sang coule. Le pacte exige un prix. Il récite la devise sans trembler.
Trahir, c’est mourir.
Toute dette se paie cash ou en sang.
Les Enfers ne pardonnent pas, nous non plus.
Nous sommes l’Apocalypse MC[2].
We ride. You run. No one escapes[3].
— Bienvenue, Tarik. Le chapitre[4] de Jacksonville t’attend.
Les acclamations éclatent. Les membres se dispersent déjà vers le bar pour célébrer la promotion du prospect, alors que je secoue le parchemin afin que le sang sèche, avant de le tendre à Wei. Les contrats sont précieux. Plus qu’ils ne l’imaginent. Nous ne sommes que quatre pour tout le globe. Sans les Inanis, la traque serait impossible.
Le club est la couverture parfaite. Un MC « 1 % », comme disent les humains. Une structure hiérarchique, violente et crainte qui ne se soumet pas aux lois. Elle correspond à notre nature et à nos besoins. De plus, bien que nous ayons adopté la coutume des prénoms humains en reprenant ceux que nous portions avant de pactiser avec Lucifer, les bikers ont tous des surnoms. Cela nous permet d’arborer nos titres à la vue de tous, tout en renforçant notre image auprès des gens. Je suis donc devenu Khadim, mais affiche un patch « Guerre » sur mon blouson de cuir. Wei est Famine, Nahuel, Pestilence et Valerian, Mort. Nous avons ainsi un peu la sensation de ne pas nous être totalement perdus dans ce monde qui n’est pas le nôtre. Et puis, nos étalons peuvent se camoufler sous la forme de motos, nous permettant ainsi de les monter à volonté. Ils ont également choisi d’arborer nos tatouages distinctifs sous forme d’autocollants quand ils se transforment en montures « modernes ». Chacun des Cavaliers l’a reçu au moment de son pacte avec Lucifer : c’est une marque d’honneur sur nos cœurs que le roi n’a accordée à personne d’autre. Car ils sont personnalisés. Ce qui a attisé la jalousie des démons supérieurs qui, eux, portent tous la même marque unique sur leur nuque. Il faut dire que nous sommes la création ultime de notre maître, ce que les autres n’ont jamais accepté. Parce que, même si des démons ont été tués au fil du temps lors des combats contre les anges, Lucifer les a recréés à l’identique sans jamais les faire évoluer.
À l’origine, nous étions le top des Enfers et il fallait que nous ayons le même statut dans la réalité humaine : notre MC est donc devenu, sans surprise, le plus puissant du pays avec des chapitres dans chaque État. J’en suis le président, Wei, le VP[5], Nahuel, le sergent d’armes[6] et Valerian, l’enforcer[7]. Les autres postes clefs ont été délégués au fur et à mesure à des Inanis ayant fait leurs preuves afin de répondre aux autres besoins : aucun de nous ne veut s’encombrer de tableaux de chiffres – c’est le trésorier –, taper des rapports – c’est le secrétaire – ou organiser la logistique – c’est le capitaine de route[8]. Et puis, cela nous donne ainsi l’occasion de récompenser certains se donnant plus que d’autres, ce qui est toujours une bonne motivation pour les troupes comme dans n’importe quel contingent de soldats. Car nous sommes bien une armée en réalité : celle de Lucifer sur Terre. Nous gérons le continent américain tandis que nous avons exporté notre modèle sur les autres. Nous nous chargeons de la formation et de la sélection des démons mineurs dépêchés en Europe ou ailleurs, et gardons un œil sur eux. C’était le compromis pour remplir notre mission sans nous séparer. Lucifer a accepté lorsque nous lui avons suggéré de donner la surveillance des autres territoires à certains de ses fils : toute occasion de les diviser est bonne pour lui. Bref, nous ne chômons pas.
— Tout est prêt pour ce soir ? demande Nahuel en me sortant de mes pensées. Il y a beaucoup d’inscrits pour l’arène ?
— Plus d’une trentaine de combattants, réponds-je avec un petit sourire carnassier. La moisson sera bonne.
Chaque premier samedi du mois, nous organisons ce genre d’événement. Les thématiques changent en fonction de qui chapeaute au sein de notre quatuor. Ce soir, ce sont des combats à mains nues. De la violence brute. De l’adrénaline. La lie de l’humanité se presse au Purgatoire dès la tombée de la nuit. Ils croient venir se perdre, mais ils sont juste là pour nourrir les Enfers.
Détroit a été un choix stratégique pour notre camp de base. Tout particulièrement ce quartier qui repose sur un nœud tellurique[9] puissant. Le passage entre les dimensions y est plus fin, plus fragile, et des garnisons angéliques y avaient déjà tenté une percée par le passé. Mais nos étalons détectent leurs auras à des kilomètres à la ronde, donc Lucifer a approuvé notre choix d’installation : comme ça, il faisait d’une pierre, deux coups.
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— La foule est déjà dense, constate Wei en s’installant dans sa loge avec un soupir d’anticipation.
Coupés des Enfers, nous avons dû nous adapter pour régénérer nos pouvoirs : sur Terre, l’énergie de mort est plus diffuse. Heureusement, nous avons découvert que nous pouvions absorber celle dégagée par les humains à condition qu’elle soit liée aux péchés. C’est ce que font les princes infernaux, mais on n’en a rien à foutre de marcher sur leurs platebandes. Et puis, c’est pas comme s’il n’y avait pas assez pour tout le monde compte tenu de l’évolution de l’humanité. Nous absorbons donc l’énergie dégagée par la foule se pressant au Purgatoire – nom choisi par le VP avec beaucoup d’à-propos – pour maintenir nos pouvoirs sur Terre. Ainsi que celles de nos étalons qui profitent de ces événements pour apparaître sous leur véritable forme infernale : ils servent de gardiens, et personne ne veut recevoir un coup de sabot mortel ; ce qui fait tenir tout le monde à carreau.
Nahuel aussi se frotte les mains d’avance, tandis que Valerian – impassible comme toujours – se contente de rester silencieux et immobile. Cela ne l’empêchera pas de prélever sa part d’énergie, mais, de nous quatre, c’est le plus réservé. Il aime se fondre dans le décor. D’ailleurs, quand les gens le remarquent vraiment, c’est trop tard pour eux : il ne porte pas son nom infernal de Mort pour rien…
Cette fois-ci, c’est moi le leader de l’animation, et j’aime arbitrer des combats à mains nues pour qui veut démontrer ses qualités martiales, mais aussi son endurance : il faut pouvoir distribuer les coups, tout comme les encaisser. Les combats s’enchaînent et… c’est là que je la sens. Une tension différente. Discrète, mais persistante. Pas celle d’une future âme damnée. Pas celle d’un humain en quête de perdition. Quelque chose d’autre. Je balaie l’arène du regard et la vois : seule, immobile et calme. Une humaine… mais…
« – Elle n’est pas sur la liste », m’informe Sarek par la pensée.
Je n’aime pas les imprévus. Ils coûtent cher en énergie, en contrôle, en conséquence, et un bon général a toujours un plan de bataille établi à l’avance. Trente combattants, c’est bien suffisant pour ce soir, mais, alors que je m’apprête à refuser, Wei intervient.
« – Attends. »
Je fronce imperceptiblement les sourcils. Il ne s’attarde jamais sur un humain sans raison. Et là… il me fait part de ce qu’il perçoit : un effluve intense, âpre et sombre… de meurtre. J’observe la femme de nouveau : ses épaules sont détendues, sa respiration maîtrisée et son attitude se veut presque nonchalante. C’est à l’opposé de son désir profond que Wei me fait ressentir.
« – Elle m’intéresse », insiste-t-il.
Je soupèse les risques : je n’aime pas la tension que je sens en sa présence, mais sans vraie raison valable, un refus créerait une frustration inutile. Donc, je hoche la tête pour la valider. Mais je ne sais pas si je ne commets pas une erreur au moment où elle enlève son blouson pour entrer dans l’arène…
[1] Membre à part entière ayant obtenu le droit de se réclamer du clan de motards et d’arborer toutes les couleurs de celui-ci.
[2] Abréviation de Motorcycle – club de motards.
[3] Signifie « Nous roulons. Vous fuyez. Personne ne nous échappe. »
[4] Désigne un autre groupe de motards indépendant mais sous la bannière du club principal.
[5] Signifie Vice-Président.
[6] Le sergent d’armes ou sergent at arm est souvent considéré comme le chef de la sécurité du club et l’un des plus hauts gradés en termes de discipline.
[7] L’exécuteur ou enforcer est le bras armé qui applique directement les sanctions ou règle les conflits par la force si nécessaire. C’est un rôle plus opérationnel et souvent associé à des méthodes physiques.
[8] En anglais « road captain »
[9] C’est un point de rencontre ou d’intersection entre plusieurs lignes de force telluriques, également appelées lignes de ley. Ces lignes sont censées transporter des flux d’énergie naturelle ou terrestre à travers la planète. Les nœuds telluriques sont donc considérés comme des concentrations d’énergie géomagnétique, où ces lignes se croisent, formant des zones d’intensité énergétique particulière. Ils sont parfois associés à des sites sacrés, des monuments mégalithiques (comme Stonehenge ou les pyramides), ou des lieux naturels d’une importance spirituelle ou géographique particulière : ils sont considérés comme des points de connexion avec d’autres dimensions, des sources de pouvoir magique, ou des lieux où se déroulent des événements surnaturels.